Doute – l’ami de nos 20 ans

Doute est ironiquement très sûr de lui. Il n’aime pas, comme on pourrait le penser, les questions sans réponse. Au contraire, Doute est une abondance de réponses. Il s’amuse à  faire miroiter toutes les possibilités. C’est cet ami qui peut bien vous conseiller, mais qui ajoutera toujours un « Je dis ça, je dis rien hein…just saying ! ».

Quand il est là, on est certain de ne pas savoir. Doute n’a pas besoin d’être écrasant, omniprésent. Il lui suffit d’exister, ne serait-ce que subtilement. Il s’installe là où on le laisse entrer. Mais il y a pour lui certaines portes grandes ouvertes.

L’une d’elle est la Vingtaine. C’est l’âge de la première vie, la véritable naissance au monde. C’est pour cela que je l’aime autant. La vingtaine est à la croisée des chemins, où toutes les portes se disent ouvertes mais semblent fermées. C’est l’âge des candidatures, des lettres de refus, mais aussi d’acceptation. On veut presque nier être adulte, mais heureusement la vie est une réalité. C’est l’âge des premiers jobs, des débuts de carrières, des premiers collègues, et déceptions.Tous ces changements nécessitent des décisions. Surtout, chacun d’eux peut impliquer des regrets, un besoin de réajustement.

Alors, il me paraît normal que cela soit aussi et surtout l’âge du Doute. A travers toutes mes conversations avec des jeunes de mon âge ou un plus, Doute est là. Il veut parfois se cacher, derrière un faux sourire, des explications vagues. Il lui arrive aussi de s’assumer, bien que fébrilement.

Doute joue à cache-cache chez certains, il s’envole dans des moments de paix pour revenir à la prochaine épreuve. Chez d’autres, il ne s’en va jamais vraiment. Il s’attache au cœur et l’empêche de respirer. Il se promène dans le cerveau, lui brise ses bonnes idées. Il peut sembler insupportable, on se demande comment il est arrivé.

Est-ce donc étrange si je vous dit que j’aime Doute ? Je l’aime parce qu’il n’y a pas d’autres moyens pour moi de vivre avec lui. Doute est une émotion, il a vocation a être vécu, senti,re-senti, puis libéré. Il sera là, de temps en temps. Alors j’ai appris à l’aimer pour pouvoir tirer ce qu’il y a de bien en lui. Il me permet de me poser des questions, de ne jamais me lancer sans réfléchir. Je le laisse loger , tout en lui faisant comprendre que ce n’est pas éternel. Le dernier mot ne lui revient pas.

Quand il est là, je l’écoute, je l’interroge.

Refuser sa présence, c’est refuser de grandir.

Mais le rendre omniprésent, c’est refuser d’avancer.

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Amy Yaffa dit :

    Bonjour
    J’aime bien lire vos articles vraiment je vous encourage a continué j’espère que un jour je lirai votre livre .

    Aimé par 1 personne

    1. M. dit :

      Merci beaucoup, ça me touche et m’encourage

      J'aime

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